
Le réalisateur Alain Resnais (4ème à gauche) pose à coté de Michael Haneke (3ème à droite) après avoir été récompensé par un prix spécial pour toute sa carrière lors de la cérémonie de clôture du 62e Festival de Cannes. Michael Haneke a reçu la Palme d'or pour « Le ruban Blanc). (AFP PHOTO / VALERY HACHE)
A Cannes, hier, l’Autrichien Michael Haneke, a pu enfin brandir la Palme d’or, avec son film «Le ruban blanc», se hissant ainsi au sommet d’un palmarès dont il avait déjà franchi plusieurs marches (Grand prix du Jury pour «La pianiste, en 2001», et Prix de la mise en scène pour «Caché», en 2001). Une Palme incontestable. Car «Le ruban blanc», chronique en noir et blanc d’un village d’Allemagne du Nord à la veille de la Première guerre mondiale, est une œuvre puissante sur les ravages psychologiques au sein d’une communauté soumise à d’inflexibles lois sociales et morales. Cette Palme d’or couronne aussi le regain du cinéma de langue allemande, dont l’un des grands acteurs, l’Autrichien Christoph Waltz, époustouflant colonel nazi dans le film de Quentin Tarantino, «Inglorious bastards», a reçu le Prix d’interprétation masculine.
Après la Palme d’or «Entre les murs», en 2008, le cinéma français poursuit aussi sa reconquête cannoise, avec le Grand prix du jury décerné au film «Un prophète», de Jacques Audiard, récit de la stupéfiante «ascension» d’un jeune taulard. Charlotte Gainsbourg a, elle, reçu le prix d’interprétation pour «Antichrist». Espérons que ce prix couronne l’actrice, «allée aussi loin qu’il est possible d’aller pour une actrice», comme l’a précisé, après la cérémonie, Isabelle Huppert, présidente du jury, et non pas l’insoutenable œuvre du Danois Lars von Trier, traversée comme nombre d’autres films du Festival, par la question de Dieu … et du diable.
Le reste du palmarès reflète l’incroyable diversité de la compétition, jouant le grand écart entre expériences visuelles et cinéma de genre, de l’intime au collectif. Des films discutables ont ainsi été récompensés : le glauque «Kinatay», le provocant «Nuit d’ivresse printanière», ou «Thirst, ceci est mon sang», un sommet du Grand Guignol. Alors que d’autres, comme «Looking for Eric», de Ken Loach, drôle et généreux, prix du jury œcuménique, aurait mérité encore plus de visibilité. Dans l’ensemble, le Festival aura proposé, cette année encore, une sélection de haute tenue, sur des sujets forts (Dieu, la transmission, la peur de l’autre …). Il en a été de même dans les sections parallèles. Preuve de la vitalité du cinéma mondial, et sa prodigieuse capacité à se renouveler.













Pavel Lounguine (AFP PHOTO / VALERY HACHE), un « vrai » Russe, se met, lui, dans les traces d’Eisenstein, et de son « Ivan le Terrible », réalisé à la demande de Staline. « Tsar » évoque les dernières années du fondateur du système politique russe, basé sur l’autoritarisme et l’arbitraire. Paranoïaque, trouvant chaque jour dans son entourage, en ces années 1580, de nouveaux conspirateurs
